Découvrir la nature en Bretagne avec l'association Vivarmor Nature (10 boulevard Sévigné - 22000 SAINT-BRIEUC)
C'est la vue de ce panneau, l'an dernier,
qui m'a incité à proposer cette sortie. Jean-Paul ayant été reconnaître les lieux , nous avons inscrit la découverte de cette charmante vallée au programme 2009 de Vivarmor.
Nous partons donc du bourg de Matignon et
rapidement nous arrivons comme on le voit ici dans une vallée boisée et facile d'accès.
Nous voici arrêtés par une première
curiosité : entre le ruisseau (sur la droite de la photo) et une station de lagunage (à gauche), un passage bien marqué (une autoroute ou presque !)... Un animal amphibie certainement emprunte ce
trajet quotidiennement (et nuitamment). Ragondin, rat musqué ? Faute d'empreintes visibles, impossible de choisir entre ces deux rongeurs...
Un peu plus loin, nouvel arrêt : derrière le
groupe, il y a le ruisseau et devant, cette eau croupie qui remplit un fossé rectangulaire de plusieurs mètres de large. De quoi s'agit-il ?
Un panneau nous fournit la réponse : il
s'agit d'une "motte féodale" (la motte des Guerches) dont le schéma figure sur la photo ci-dessus.
Les botanistes s'en donnent à coeur joie car
dans ce sous-bois humide, il y a bien sûr de nombreuses fougères, du lierre à profusion...
...et ce que nous montre ici Jean-Paul
BARDOUL est un Arum d'Italie (le seul qui garde ses feuilles tout l'hiver) avec deux sous-espèces (reconnaissables à leurs feuilles) mais qui peuvent s'hybrider... d'où quantité de plants
intermédiaires ! Pas simple comme vous voyez !
La "procession " reprend (nous sommes en
effet une quarantaine de participants à cette seconde sortie de 2009 !) Comme vous le voyez, le nombre des peupliers est en augmentation. Le sentier lui est "royal" (large, bien
entretenu...).
Les premières fleurs sont au rendez-vous.
Ici on voit une fleur de Ficaire parmi des feuilles d'orties et de lierre
Ici, c'est de l'osier. C'est
fou tout ce que l'on peut voir (expliqué par jean-Paul) sur un tronc ou sur une branche d'osier : âge, bourgeons, croissance...
Les arrêts sont nombreux et toujours aussi
instructifs... l'attention aussi (comme vous le voyez) est toujours soutenue...
Ici, on voit du gui : une autre plante,
très abondante sur les peupliers et dont la biologie nous est expliquée en détail.
Ainsi nous arrivons à la partie basse de la
vallée. C'est là que l'on rencontre des panneaux explicatifs : c'est le Conseil Général (propriétaire des lieux, classés "espaces naturels sensibles" et achetés grâce à la taxe "espace verts") qui
a aménagé cette seconde partie de la vallée (un livret explicatif existe).
Ici, ce qui reste de la
"Maison de Léa" : on voit l'entrée d'un four à pain (qui se trouvait de l'autre côté et qui a été démoli).
Au même endroit et un peu en contrebas, voici les restes d'un vieux moulin : ce
n'est pas encore le "moulin à marée" ou "Moulin de la Mer" (qui a donné son nom à la vallée) mais c'est cependant un lieu fort instructif.
Le groupe est arrêté ici pour examiner une curiosité : un arbre abattu et sur le
tronc duquel de nouvelles pousses se développent perpendiculairement (au fond à gauche)... On voit aussi (à droite de la photo) des constructions annexes appelées "les crèches" et qui servaient de
logement au bétail que le meunier élevait en complément de son activité principale.
Les occasions de s'arrêter sont toujours aussi nombreuses...
Ici c'est la croissance comparée du chêne et du hêtre qui retient l'attention du
groupe...
Comme vous le voyez (sur la photo ci-dessus), la vallée a changé d'aspect : nous
arrivons dans la partie que la mer vient recouvrir à chaque grande marée... avec tout à fait au fond (mais nous le reverrons de plus près) le fameux "Moulin de la Mer".
La bota tient encore la vedette...
...mais la géologie s'impose elle aussi lorsque les bords de la vallée attaqués
par la mer laissent voir ces "migmatites" : des roches très anciennes (600 millions d'années !), modifiées par métamorphisme (2 chaînes de montagnes les ont affectées !). On voit ici le passage des
"gneiss" (à droite) à une roche grenue (à gauche) qui est de la diorite quartzique formée par fusion des gneiss (ce que l'on appelle "anatexie")...
...lorsque la fusion n'est pas totale comme ici, des restes de "gneiss" (les
masses plus sombreset allongées visibles au centre de la photo) subsistent au sein de la "diorite"...
... et bien sûr les déformations diverses (ici on voit bien des "étirements") sont
légion dans cette partie de l'écorce terrestre au passé si mouvementé.
La géol, c'est bien mais cela oblige parfois à des escalades !... Cependant deux
guides (Michel BLAIN et Alain COSSON) placés aux endroits stratégiques, ont permis à tout le monde de retrouver (au sommet de cette butte) le sentier balisé.
De ce sentier voilà le Moulin de la Mer" : un barrage isolait la partie marine (à
droite - on voit la mer qui monte) de la zone de stockage du flot (à marée haute). A marée basse, cette réserve d'eau faisait tourner les meules (voir moulin de Trégastel par exemple). Ici le
moulin est devenu apparemment une résidence secondaire et le barrage a disparu.
Du sentier, voici la vue que nous avions sur la baie de la Fresnaye. Tout à
fait à l'horizon (difficile à voir sur la photo car perdu dans la brume) on devine le Fort La Latte. Au premier plan c'est l'anse du Port St-Jean où (à marée basse on peut voir un "poulier" c'est à
dire un cordon de galets prenant appui sur la pointe et s'étendant en direction ...du photographe).
Une dernière plante en fleur (en bord de mer cette fois) et dont la couleur
véritable est assez mal rendue avec l'informatique... C'est une Pulmonaire (Pulmonaria angustifolia).
... puis une "curiosité" : des blocs de béton apparemment coupé en deux encadrent
la jetée qui descend vers la mer à Port St-Jean. Au centre un trou de forme carrée me fait penser aux défenses allemandes de la dernière guerre visibles aux Vallées (Pléneuf)... mais ce n'est pour
l'instant qu'une hypothèse...
Un peu de géologie encore pour terminer : des blocs de quartz (de couleur
claire) surmontent (au niveau de cet enrochement) des boules sombres de dolérite. Ce sont deux roches de filons, lesquels filons sont assez abondants dans la région.
J'allais oublier ce petit ver dans son étui calcaire (qui fait penser aux
Hermelles) - très abondant par endroit au niveau du Moulin à Mer (du côté de la retenue ancienne de l'eau de mer). Dés que je le saurai, je vous donnerai son nom. Avis donc aux connaisseurs !
Voilà : Jean-Paul BARDOUL vient de me renseigner : le nom de ces vers (de la famille des Serpulidés) est : Ficopomatus enigmaticus
D'abord ce bourgeon d'un Aulne glutineux avec sa coloration
légèrement bleutée.
Ensuite cette fleur de Fragon (encore nommé "petit houx"). Elle donnera
naissance à un fruit qui à maturité sera une boule rouge.
Voici maintenant des fleurs d'orme. Voyez que des fleurs sont là même en février
!
Ici c'est un champignon noir trouvé sur un tronc d'arbre. Je vais
m'informer aussi pour le nom... Voilà le nom : Daldinia concentrica !
Et pour finir : voici votre serviteur parlant des roches que l'on
peut voir dans les anciennes constructions locales. Nous sommes au premier moulin devant "les crèches" (voir plus haut)
Nous sommes dans la partie estuarienne de la vallée (on voit
au fond, à gauche, le Moulin de la Mer). Une partie du groupe se dirige vers les affleurements rocheux visibles au fond à droite...
...là où les formations géolgiques se voient bien dans la falaise
(voir plus haut). On voit aussi (au fond en arrière plan) une partie de la façade du Moulin de la Mer.
Cette sculpture pour terminer. Je ne sais pas trop où
Anne a pris la photo ne l'ayant pas vue moi-même... Elle a été prise au bord du sentier au niveau de la dernière pointe - là où l'on voit au loin le fort La Latte (vient de me dire Anne
FERRON)